Gmail et Google Photos : vos données pourraient bientôt servir à personnaliser les publicités Google
Depuis le 16 octobre 2026, la politique de confidentialité de Google autorise l’usage d’informations tirées de Gmail, Drive et Google Photos pour les annonces personnalisées, si l’utilisateur rend ces données accessibles à d’autres services maison affichant de la publicité. Le mécanisme passe par Personal Intelligence, la fonction d’intelligence artificielle déployée aux États-Unis et au Canada. Elle reste absente de France et de toute l’Europe.
En Bref
- Depuis le 16 octobre, Gmail, Drive et Photos peuvent alimenter les annonces si vous les connectez à un service Google publicitaire.
- Le déclencheur est la connexion des applis à Personal Intelligence (Mode IA, Gemini, Android Auto).
- Selon Google, les annonceurs n’accèdent à aucun contenu, et la santé, la religion et l’orientation sexuelle restent exclues.
- La fonction est indisponible dans l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni, sans date annoncée.
- Déconnecter une appli n’efface pas l’historique des services de recherche.
Ce que Google a modifié dans sa politique de confidentialité le 16 octobre
La clause qui interdisait tout ciblage publicitaire fondé sur le contenu de Gmail, Drive et Google Photos figure toujours dans le texte. Elle comporte désormais une exception : elle cesse de s’appliquer lorsque l’utilisateur choisit de rendre ces données disponibles pour d’autres services Google qui prennent en charge les annonces personnalisées.
L’ajout est récent. Selon Pasquale Pillitteri, les versions de la politique datées du 1er et du 12 octobre reprenaient la même règle sans aucune réserve. Le même site relève une seconde retouche intervenue le 16 octobre. Le billet publié en juin 2017 par Diane Greene, qui promettait la fin de la lecture de Gmail à des fins publicitaires, porte maintenant une note datée de ce jour-là.
Personal Intelligence, la passerelle entre l’IA et la publicité
Le changement vise les applications connectées à Personal Intelligence. Cette fonction permet au Mode IA de la recherche et à l’appli Gemini de puiser dans vos e-mails et vos photos pour répondre à une question sur un vol ou une réservation d’hôtel.
Le calendrier de déploiement compte trois étapes :
- janvier 2026 : expérimentation aux États-Unis, dans le Mode IA ;
- avril : extension à l’appli Gemini ;
- étape suivante : arrivée dans Android Auto.
La connexion relève du consentement explicite, aucune appli n’étant reliée par défaut. Le 16 octobre, Google a aussi confirmé tester des annonces dans le Mode IA auprès des utilisateurs ayant connecté leurs applis. En mars, l’entreprise affirmait à Search Engine Land que ce public ne verrait pas de publicité de sitôt.
Les garanties avancées par Google, et leurs zones d’ombre
Google affirme que les annonces ne reposent pas directement sur le contenu des e-mails ou des photos. La firme admet toutefois que des résumés et déductions tirés de ces sources peuvent servir au ciblage. Elle précise aussi que les annonceurs n’ont accès ni aux messages ni aux images. Les catégories sensibles (santé, religion, orientation sexuelle) restent écartées de la publicité ciblée.
Ces engagements proviennent de la seule documentation de Google, sans contrôle externe publié. La frontière entre un contenu brut et sa synthèse n’a pas non plus de définition publique. Sur les comptes que je teste, ce flou rend l’arbitrage délicat pour la vie privée : rien n’indique quelle part d’un message passe dans un résumé.
On en dit Quoi ?
Le texte modifié et le test d’annonces dans le Mode IA sont tombés le même jour. Ce calendrier montre que la connexion des applis sert aussi la régie publicitaire de Google. Les garanties annoncées tiennent sur le papier, mais la notion de déduction reste assez large pour couvrir l’essentiel d’un e-mail court. Activer Personal Intelligence revient donc à accepter les deux usages à la fois.
En France, pas encore concerné : ce qu’il faut surveiller et vérifier
Personal Intelligence n’est disponible ni dans l’Espace économique européen, ni en Suisse, ni au Royaume-Uni. Google n’a donné aucune date pour l’Europe. La version française de la politique reprend pourtant la même exception.
| Zone | Connexion des applis à la recherche | Exception publicitaire activable |
|---|---|---|
| États-Unis | Oui | Oui |
| Canada | Oui | Oui |
| EEE (dont France) | Non | Non |
| Suisse, Royaume-Uni | Non | Non |
Plusieurs réglages méritent un contrôle dès maintenant, dans le compte Google, rubrique « Données et confidentialité ». Vous pouvez y couper les annonces personnalisées depuis Mon centre publicitaire et revoir le partage de données entre services Google associés. Dans Gmail, vous pouvez aussi désactiver les fonctionnalités intelligentes dans les autres produits Google.
Si vous voyagez aux États-Unis ou au Canada et activez la fonction, retenez un point : déconnecter une application n’efface pas les informations déjà conservées dans l’historique de recherche. Il faut supprimer cet historique à part.
Deux points seront à surveiller : l’annonce d’un calendrier européen et la forme de l’écran de consentement exigé par le RGPD, qui doit être libre, spécifique et éclairé. Google n’a pas encore précisé dans quels pays et sous quels formats tourne son test d’annonces. D’ici là, un passage par Mon activité suffit pour purger l’historique de vos services de recherche.


