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SBF a cédé prématurément : des investissements revendues qui ont ensuite généré plusieurs milliards

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DailyDigital

Le 11 novembre 2022, FTX s’est placé sous protection du Chapter 11 aux États-Unis, déclenchant une course à la cession d’actifs pour tenter de reconstituer des finances exsangues. Dans les mois qui ont suivi, la liquidation de participations liées à Alameda Research et au périmètre de SBF a été conduite avec une logique simple : transformer vite du capital illiquide en cash, afin d’alimenter le remboursement des créanciers. Problème : dans le capital-risque, la vitesse se paie souvent en décote. Et certaines reventes ont pris, a posteriori, l’allure d’une erreur de calendrier, tant les valorisations de l’IA et de la fintech ont ensuite explosé.

Ce dossier s’appuie sur un cas devenu emblématique : une mise précoce dans l’éditeur de l’outil de programmation par IA Cursor, et la vente rapide de cette participation. Au-delà de l’anecdote, la séquence illustre les arbitrages brutaux de toute succession en faillite : vendre tôt pour réduire l’incertitude juridique, ou conserver pour maximiser une hypothétique génération de milliards. Dans un univers où la moindre option d’achat, la structure d’un deal « en actions » et le verrouillage de la gouvernance peuvent multiplier une valorisation en quelques trimestres, la notion de vente prématurée prend un sens très concret — et douloureux — pour l’écosystème.

En Bref

  • 📌 La faillite de FTX a poussé à des ventes rapides d’investissements non cotés pour générer du cash.
  • 💰 Alameda Research aurait misé 200 000 dollars sur Anysphere (Cursor) lors d’un tour pré-seed en avril 2022.
  • 🧾 Une participation estimée à ~5 % aurait été revendue au prix d’achat en 2023, selon un décompte de portefeuille relayé par Forbes.
  • 🚀 Une opération évoquée autour de Cursor a ensuite circulé sur une base de 60 milliards de dollars en rachat intégral en actions, avec une option d’achat sécurisée en avril.
  • 📈 À ce niveau, 5 % représenteraient ~3 milliards de dollars, soit un multiple théorique de ~15 000 sur 200 000 dollars.

SBF et la cession prématurée : mécanique d’une liquidation sous contrainte

Une liquidation post-faillite ne ressemble pas à une gestion de portefeuille classique. La priorité n’est pas d’optimiser le rendement, mais de réduire l’exposition au risque, d’alimenter une trésorerie et de documenter chaque opération pour résister à d’éventuels contentieux. Dans ce cadre, les décisions qui paraissent irrationnelles au regard des profits potentiels sont parfois rationnelles au regard des contraintes : délais procéduraux, incertitude sur les droits économiques, et pression des créanciers.

La situation attribuée à SBF et à l’orbite FTX/Alameda illustre ce conflit d’objectifs. D’un côté, des lignes de capital-risque illiquides : participations minoritaires, clauses anti-dilution, droits d’information inégaux, et une valorisation souvent « marquée » sur le dernier tour. De l’autre, une obligation de conversion en liquidités. Si une succession revend une participation rapidement, elle accepte fréquemment une décote, car l’acheteur internalise le risque juridique et la difficulté à revendre.

Dans les dossiers de tech, la notion de « vendre trop tôt » est rarement un slogan ; c’est un effet de structure. Une participation dans une startup peut ne pas être librement cessible (droits de préemption, agréments, restrictions de transfert). Elle peut aussi être économiquement attractive, mais impraticable à monétiser sans négociation et sans délai. Une stratégie financière défensive consiste alors à céder ce qui est cessible, même si ce n’est pas ce qui maximise l’espérance mathématique du gain.

En pratique, deux facteurs aggravent le risque d’une cession prématurée dans l’IA : l’optionnalité et l’accélération. L’optionnalité, parce qu’un petit pourcentage peut devenir déterminant quand une acquisition intervient « tout en actions » à très haute valorisation. L’accélération, parce que les cycles produits et les cycles de marché se sont raccourcis : un outil de développement peut passer d’« expérimental » à « standard d’équipe » en quelques mois, puis devenir une cible stratégique.

Ce qui choque le public, ce n’est pas seulement la différence entre le prix de vente et la valeur théorique ultérieure. C’est le fait que la vente ait pu se faire au prix d’achat, ce qui suggère un arbitrage motivé par la vitesse, et non par une lecture du potentiel. Dans un processus de faillite, ce type d’arbitrage peut s’expliquer par l’objectif immédiat : diminuer le nombre de lignes complexes, récupérer des fonds rapidement, et fermer des fronts de discussion. La contrepartie, visible a posteriori, est un manque à gagner colossal sur les actifs qui « sortent » au bon moment pour l’IA.

Pourquoi une revente rapide peut être « rationnelle » en procédure collective

Une vente sous contrainte doit souvent arbitrer entre trois coûts : le coût du temps, le coût du risque, et le coût de l’illiquidité. Le coût du temps est simple : plus la procédure dure, plus elle mobilise des conseils, des experts, des audits, et plus elle retarde les distributions. Le coût du risque, lui, vient de la contestation possible des transactions, du statut exact des titres, ou de la capacité à faire valoir des droits économiques. Le coût de l’illiquidité, enfin, concerne la difficulté à transformer une participation minoritaire en argent, surtout si le transfert est encadré.

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Dans les startups, la valeur affichée n’est pas toujours une valeur encaissable. Une valorisation de dernier tour repose sur des conditions : préférences de liquidation, clauses de ratchet, ou droits prioritaires. Si une succession doit vendre, elle peut être tentée de privilégier des actifs facilement transférables même si, sur le papier, la meilleure espérance de gain se trouve ailleurs. Cette asymétrie explique le caractère parfois « mécanique » de certaines ventes.

La lecture « grand public » retient un chiffre final — plusieurs milliards — et le compare au prix d’entrée. La lecture opérationnelle ajoute des questions concrètes : l’acheteur accepte-t-il le risque de litige ? le board de la startup valide-t-il le transfert ? le pacte d’actionnaires autorise-t-il une cession à un tiers ? Sans réponse positive, la vente ne se fait pas, ou se fait avec une décote sévère. Dans ce contexte, une sortie au prix d’achat devient possible si l’objectif prioritaire est de solder vite un dossier jugé secondaire.

Cursor, Anysphere et le cas d’école : 200 000 dollars devenus 3 milliards sur le papier

Le cas Cursor concentre toutes les tensions : un ticket d’entrée faible, une participation significative, puis une revente rapide et, ensuite, une valorisation théorique qui change d’échelle. Selon Forbes, dans un article daté du 10 juin 2024 sur le portefeuille de participations lié à Alameda/FTX, 200 000 dollars auraient été investis dans Anysphere (éditeur de Cursor) lors d’un tour pré-seed en avril 2022, pour une part estimée autour de 5 % et une valorisation initiale d’environ 4 millions de dollars. La succession aurait ensuite cédé cette position en 2023 au prix d’achat, la traitant comme un actif mineur.

L’élément qui rend l’histoire spectaculaire est la valorisation avancée ensuite dans le récit : un rachat « intégral en actions » annoncé à 60 milliards de dollars, appuyé sur une option d’achat sécurisée en avril. À ce niveau de valorisation, 5 % représenteraient environ 3 milliards de dollars. La trajectoire illustre un phénomène fréquent en IA : la valeur se concentre très vite sur quelques outils devenus des plateformes, avec des acquéreurs capables de payer en titres pour conserver du cash et accélérer l’intégration.

La viralité du chiffre — multiplié par ~15 000 — a circulé sur les réseaux sociaux, souvent sous un angle moqueur. Sur X, l’ancien trader John LeFevre a notamment popularisé ce ratio dans un message repris largement, en le reliant aux conditions d’entrée et à l’exit au prix coûtant. Le détail important n’est pas l’ironie ; c’est la démonstration : dans une économie où les outils de code assisté par IA deviennent des actifs stratégiques, une participation minoritaire peut représenter plus que des lignes de titres cotés.

Sur le plan financier, le « multiple » n’est pas un gain encaissé, mais une valeur théorique à un instant donné. Il dépend du caractère final et exécutoire de l’opération, et des modalités de paiement en actions. Néanmoins, le simple fait que ce calcul soit crédible à l’échelle de plusieurs milliards suffit à expliquer pourquoi la vente est qualifiée de prématurée. Dans le capital-risque, le risque est souvent de « mourir riche sur le papier ». Dans une faillite, le risque inverse apparaît : sortir trop tôt et céder l’optionnalité au bénéfice d’un tiers.

Ce que révèle le chiffre « 60 milliards » sur la stratégie des acquéreurs tech

Une acquisition « tout en actions » n’est pas un détail cosmétique. Elle permet à l’acheteur de préserver sa trésorerie, de partager le risque de valorisation avec les vendeurs et d’aligner les incitations si les équipes restent. Pour une société technologique valorisée très haut, payer en actions peut aussi être une manière d’arbitrer entre dilution et conservation du cash, surtout si l’actif acquis est jugé stratégique.

Le fait qu’une option d’achat ait été évoquée comme sécurisée en avril est également révélateur : les acquéreurs cherchent à verrouiller l’accès à une pépite avant que le marché ne la rende inabordable. Dans l’IA appliquée au développement logiciel, l’actif n’est pas uniquement le produit : ce sont les données d’usage, les intégrations IDE, les accords de distribution, et la capacité à devenir une brique standard des équipes d’ingénierie.

Pour une succession, ces paramètres sont difficiles à valoriser « au bon moment ». Le marché privé bouge vite, mais l’information circule de manière asymétrique. Une startup peut être « méconnue » du grand public tout en étant déjà identifiée par les grands acteurs comme un point de contrôle. La vente au prix d’achat, si elle est confirmée dans ses modalités exactes, ressemble alors à une liquidation administrative d’un actif qui, en réalité, portait une option de croissance extrême.

Tableau : comparer prix d’entrée, parts estimées et valeur théorique après revente

Les calculs ci-dessous servent à visualiser l’écart entre un ticket de départ et une valorisation ultérieure. Ils ne constituent pas une preuve de cash récupérable, car une acquisition en actions et des clauses de liquidation peuvent modifier la valeur finale. Ils donnent néanmoins un ordre de grandeur utile pour comprendre la génération de milliards associée à certaines lignes de capital-risque.

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Actif / opération Ticket initial Part évoquée Valorisation évoquée ensuite Valeur théorique de la part
Cursor (Anysphere) 🧠 200 000 $ 💵 ~5 % 📎 60 Md$ 🚀 ~3 Md$ 💰
Cursor (Anysphere) — valorisation pré-seed 200 000 $ 💵 ~5 % 📎 ~4 M$ (entrée) 🧾 ~200 000 $ (cohérent avec entrée) ✅
Revente en 2023 — scénario « prix d’achat » 🧊 200 000 $ 💵 ~5 % 📎 n/a ~200 000 $ (hypothèse) 🔁
Multiple théorique (60 Md$ vs entrée) 📈 200 000 $ 💵 ~15 000x 🔥

Ce que le tableau ne montre pas : préférences, dilution et liquidité réelle

Le tableau suppose que la participation est pleinement diluée de manière simple et que la valeur se distribue linéairement. Dans les faits, des clauses de préférence peuvent faire passer une partie de la valeur aux investisseurs seniors en cas de sortie. La dilution entre le pré-seed et une acquisition est aussi un paramètre central : tours suivants, stock-options, et ajustements de gouvernance réduisent souvent la part initiale si aucun mécanisme anti-dilution n’existe.

La liquidité réelle dépend aussi du calendrier. Une acquisition à 60 milliards de dollars « en actions » signifie que la valeur est portée par des titres, dont la liquidité, les lock-ups et la volatilité peuvent changer le montant réellement monétisable. Cela n’efface pas l’écart d’échelle ; cela remet en perspective la différence entre « valeur » et « cash ».

Ce point est crucial pour comprendre la décision initiale : une succession cherche du cash et de la simplicité. Si l’actif promet des milliards mais exige des années de procédure, des négociations avec les autres actionnaires et un risque juridique, la tentation de solder est forte. Le prix payé ensuite par l’histoire est une démonstration du coût de l’option abandonnée.

Pourquoi l’IA rend les ventes d’investissements plus risquées : timing, options et effets réseau

L’IA appliquée au logiciel crée un type de croissance qui punit les sorties rapides. Un produit comme un assistant de code progresse avec l’usage : plus les développeurs l’utilisent, plus les modèles et les intégrations s’améliorent. Cet effet réseau, même sans « réseau social », repose sur les plugins, les environnements de développement, les équipes qui standardisent un outil en interne, et les templates de workflow partagés.

La conséquence directe est une courbe de valeur moins progressive que dans des SaaS traditionnels. Le passage d’un produit « intéressant » à un standard de marché peut se produire quand trois conditions se rencontrent : qualité perçue, compatibilité avec les outils dominants, et distribution. Quand cela arrive, la valorisation ne se contente pas d’augmenter ; elle peut changer de régime, car l’actif devient une infrastructure stratégique.

Dans le dossier SBF, l’idée de cession prématurée prend une dimension supplémentaire : la liquidation intervient au moment où le marché réévalue la rareté des équipes capables de produire des outils IA robustes pour les développeurs. Les acquéreurs qui dominent déjà un segment peuvent vouloir sécuriser une brique logicielle pour protéger leur moat, accélérer leurs roadmaps, ou empêcher un concurrent d’acheter.

Le résultat est un environnement où la vente « raisonnable » d’une participation minoritaire peut devenir, quelques trimestres plus tard, la vente d’un ticket d’entrée vers un actif de contrôle. Même sans contrôle juridique, une part peut conférer des droits d’information, un accès à des tours suivants, ou une place dans des discussions stratégiques. Une succession qui liquide perd ces leviers, et laisse l’acheteur capter l’option.

Signaux qui auraient pu justifier de temporiser une revente dans l’IA

Dans l’IA, certains signaux justifient de regarder deux fois avant de vendre. Le premier est la distribution : intégrations dans les IDE, partenariats avec des plateformes de code, présence dans les workflows d’entreprise. Le deuxième est la rétention : si les utilisateurs reviennent quotidiennement, la barrière au changement augmente. Le troisième est l’attention des grands acteurs : quand des sociétés disposant d’une puissance de feu en M&A entrent dans la danse, la dynamique de prix peut se tendre rapidement.

Une succession n’a pas forcément accès à ces métriques internes. Elle peut néanmoins repérer des indicateurs publics : vitesse de diffusion dans les communautés de développeurs, écosystème de plugins, mentions dans les changelogs d’outils populaires, ou montée en puissance des offres enterprise autour d’un produit. Ce sont des signaux imparfaits, mais utiles pour décider si un actif est réellement « mineur ».

Une autre dimension est la structure du deal potentiel : option d’achat, lettres d’intention, ou négociations avancées. Si un acquéreur a déjà sécurisé un droit prioritaire, la valeur d’attente augmente, car la probabilité d’événement de liquidité est plus forte. C’est précisément le type d’information qui, si elle est connue trop tard, transforme une sortie rapide en erreur stratégique.

Stratégie financière : comment une succession peut éviter de sacrifier des milliards en voulant rembourser vite

Une faillite médiatisée pousse à des décisions visibles : vendre des actifs, afficher des montants récupérés, accélérer des distributions. Pourtant, une stratégie financière efficace dans ce cadre ressemble davantage à une gestion de pipeline qu’à une liquidation au fil de l’eau. Elle suppose une segmentation des actifs selon leur liquidité et leur optionnalité, puis une orchestration des ventes pour éviter de céder les lignes les plus asymétriques au pire moment.

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La première règle opérationnelle est de distinguer les actifs « cash-like » des actifs « option ». Un actif cash-like est facilement cessible, avec un prix observable, et un risque juridique faible. Un actif option, au contraire, a une valeur très dispersée : il peut finir à zéro ou valoir des milliards, selon un événement futur (acquisition, IPO, pivot). Dans l’IA, beaucoup de participations entrent dans cette seconde catégorie, car la croissance est discontinue.

La seconde règle est d’utiliser des ventes partielles quand elles sont possibles : céder une fraction pour financer les besoins immédiats, et conserver une tranche pour préserver l’upside. Dans les faits, c’est parfois bloqué par les pactes d’actionnaires ou par l’absence d’acheteurs prêts à prendre une petite ligne. Quand c’est faisable, cela réduit la probabilité de regret maximal.

La troisième règle est la transparence de méthode. Si la succession documente une grille de décision (liquidité, risque, horizon probable d’événement), elle réduit le risque de contestation ultérieure. Dans des dossiers polarisés comme celui de SBF, la contestation est une variable centrale : chaque vente est susceptible d’être relue à travers un prisme moral et politique, au-delà de l’économie pure.

  • ✅ 📊 Classer les investissements par liquidité (cotés / non cotés / verrouillés par pacte).
  • ✅ ⚖️ Évaluer le risque juridique (litige potentiel, contestation de propriété, clauses de transfert).
  • ✅ 🧩 Identifier les actifs à forte optionnalité (IA, deeptech, fintech en hypercroissance).
  • ✅ 🧾 Privilégier des cessions structurées (vente partielle, earn-out, clauses de retour).
  • ✅ 🕒 Caler un calendrier réaliste (éviter la vente « sous la panique » quand un marché est en train de rerater).
  • ✅ 🔍 Documenter chaque décision pour la traçabilité (comité, critères, validation).

Ces principes n’offrent pas de garantie de profits : ils réduisent surtout le risque d’une erreur d’ordre de grandeur. Le cas Cursor montre ce qui arrive quand l’optionnalité est vendue à bas prix : le marché n’a pas besoin d’avoir raison tout le temps, il suffit d’avoir raison une fois sur un actif qui devient stratégique. Une succession qui gère ce risque avec méthode évite de transformer une liquidation en transfert de richesse vers des opportunistes.

Le précédent SoftBank/Nvidia : quand la vente trop tôt devient un repère culturel dans la tech

La tech a déjà produit des exemples où une vente paraît « raisonnable » sur le moment, puis se transforme en regret historique. ChannelNews rapportait, dans un article daté du 10 novembre 2022, que SoftBank avait cédé en octobre la totalité de ses 32,1 millions d’actions Nvidia pour 5,83 milliards de dollars, information communiquée lors de la publication des résultats du second trimestre fiscal clos fin septembre. La comparaison n’est pas parfaite, car il s’agit d’un actif coté, donc liquide, et d’une décision d’allocation de portefeuille, pas d’une vente sous contrainte de faillite.

Ce parallèle sert surtout à comprendre la psychologie de marché : dans la tech, certains actifs deviennent des symboles de la croissance IA, et sortir avant une réaccélération peut être jugé sévèrement par l’histoire. Le dossier SBF ajoute une couche : la sortie n’est pas seulement un choix d’investissement, elle s’inscrit dans une procédure de remboursement, avec des arbitrages où le temps et le risque pèsent lourd.

Ce type de précédent alimente la manière dont le public lit l’affaire Cursor. L’attention se fixe sur l’écart entre un prix de vente et une valeur ultérieure, et le transforme en récit sur l’incompétence ou sur la précipitation. Dans une lecture plus rigoureuse, il faut aussi considérer le contexte : vendre vite peut être la seule manière de produire du cash, même si le marché récompensera ensuite l’actif vendu.

On en dit Quoi ?

La liquidation des actifs liés à SBF ressemble à une cession dictée par l’urgence, et le cas Cursor illustre le coût potentiel d’une vente prématurée dans l’IA. Les chiffres mis en avant (200 000 dollars, ~5 %, 60 milliards, ~3 milliards) rendent tangible la génération de milliards perdue sur le papier, même si la liquidité réelle dépendrait des modalités exactes d’un deal en actions. Pour des successions en faillite, l’approche la plus robuste consiste à traiter les participations IA comme des options à gérer, pas comme des « petites lignes » à solder. En clair, la vitesse de remboursement ne devrait pas être obtenue au prix d’un abandon systématique de l’upside sur les actifs les plus asymétriques.

Pourquoi parle-t-on de revente prématurée dans le dossier SBF ?

Parce que certaines participations auraient été cédées rapidement pour générer du cash après la chute de FTX, puis ces actifs auraient été associés ensuite à des valorisations bien plus élevées. L’écart entre prix de sortie et valeur théorique ultérieure nourrit l’idée d’une cession prématurée, surtout dans l’IA où les valorisations peuvent changer de régime en peu de temps.

Que représente concrètement le calcul 5 % = 3 milliards de dollars ?

C’est une estimation arithmétique : si une société est valorisée 60 milliards de dollars, alors 5 % équivalent à 3 milliards. Ce chiffre reste théorique : il dépend de la dilution réelle, des préférences de liquidation et, en cas de rachat en actions, des lock-ups et de la liquidité des titres reçus.

Une succession en faillite peut-elle choisir de ne pas vendre un actif prometteur ?

Oui, mais la décision est contrainte par le besoin de trésorerie, le risque juridique, les restrictions de transfert et la pression des créanciers. Conserver une participation peut augmenter l’espérance de gain, mais aussi prolonger la procédure et ajouter de l’incertitude. Les arbitrages se font souvent sur la capacité à monétiser vite et à documenter la vente.

Quelles pratiques limitent le risque de sacrifier des milliards lors d’une liquidation ?

La segmentation des actifs par liquidité et optionnalité, la vente partielle quand elle est possible, et une grille de décision documentée (risque, horizon de liquidité, restrictions de transfert) réduisent le risque d’erreur d’ordre de grandeur. Dans l’IA, ces méthodes aident à ne pas solder trop vite des positions dont la valeur dépend d’un événement rare mais massif.

Elisa

Journaliste spécialisée dans les nouvelles technologies, passionnée de gadgets et d’innovations. À 39 ans, je décrypte chaque jour l’impact du numérique sur notre quotidien et partage mes découvertes auprès d’un large public averti ou curieux.

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