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Système européen d’entrée et de sortie (EES) : tout ce qu’il faut comprendre face aux évolutions actuelles

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Le règlement européen 2017/2226 encadre un dispositif numérique destiné à enregistrer les franchissements des frontières extérieures de l’espace Schengen. Après un déploiement progressif engagé le 12 octobre, le Système européen d’entrée et de sortie est devenu pleinement opérationnel le 10 avril 2026 dans 29 pays européens. Il concerne principalement les ressortissants de pays tiers effectuant un séjour court, dans la limite de 90 jours sur toute période de 180 jours.

Le tampon apposé manuellement sur le passeport cède la place à un dossier électronique comprenant les dates et lieux d’entrée ou de sortie, les éventuels refus d’admission, les informations du document de voyage et certaines données biométriques. Cette transformation modifie le contrôle aux frontières, avec des effets concrets sur les files d’attente, la détection des dépassements de séjour et la lutte contre la fraude documentaire. Les premières inscriptions peuvent prendre davantage de temps, en particulier lorsque le voyageur doit fournir une photographie faciale et ses empreintes digitales. Les passages suivants deviennent généralement plus rapides puisque les agents peuvent retrouver le dossier déjà constitué. ✈️

En Bref : comprendre le Système européen d’entrée et de sortie

L’EES, pour Entry/Exit System, enregistre les passages des voyageurs non européens aux frontières extérieures des pays participants. Il couvre les déplacements touristiques, familiaux ou professionnels de courte durée, que la personne dispose d’un visa Schengen ou bénéficie d’une exemption de visa. Le dispositif ne constitue donc ni un visa ni une autorisation préalable de voyage.

  • 🛂 29 pays européens utilisent le système aux frontières extérieures concernées.
  • 📅 Le calcul numérique porte sur la règle des 90 jours sur une période mobile de 180 jours.
  • 👤 Le dossier peut contenir une image faciale, des empreintes digitales et les données du passeport.
  • 🚫 Les refus d’entrée sont enregistrés avec les informations liées à la décision.
  • 🇮🇪 L’Irlande ne participe pas à l’EES et conserve ses propres contrôles.
  • 🇨🇾 Chypre reste en dehors de ce dispositif tant que son intégration complète à l’espace Schengen n’est pas effective.
  • 👧 Les enfants de moins de 12 ans sont photographiés, mais ne fournissent pas leurs empreintes digitales.
  • 📱 Aucun compte EES individuel ne doit être créé avant le départ.

Les citoyens de l’Union européenne et des États associés à Schengen n’utilisent pas ce parcours. Il en va généralement de même pour les titulaires d’un permis de séjour ou d’un visa de long séjour délivré par un pays participant. La possession d’un logement en Europe n’accorde en revanche aucune dispense automatique : un propriétaire sans titre de séjour reste soumis aux règles applicables aux visiteurs de courte durée.

Le système vise une gestion des données plus homogène que celle permise par les cachets. Un tampon pâle, mal positionné ou absent pouvait compliquer le calcul d’un séjour. L’enregistrement numérique associe chaque passage à un lieu, une heure, un document et un dossier biométrique, ce qui aide les autorités à repérer une sortie non enregistrée ou un dépassement de la durée autorisée.

Cette numérisation ne supprime pas l’intervention humaine. Le garde-frontière conserve la responsabilité de vérifier le motif du séjour, les ressources disponibles, l’hébergement et les conditions réglementaires d’admission. Un enregistrement dans l’EES ne garantit donc jamais l’entrée sur le territoire. Il fournit des éléments structurés pour éclairer la décision.

Selon la Commission européenne, plus de 24 000 refus d’entrée ont été enregistrés pendant la montée en charge, notamment pour des documents périmés ou frauduleux et pour des motifs de voyage insuffisamment justifiés. La même institution indique que plus de 600 personnes présentant un risque pour la sécurité ont été identifiées. Ces chiffres montrent la portée opérationnelle du dispositif, sans signifier que toute alerte conduit automatiquement à une sanction pénale.

Pour le voyageur, le changement le plus visible reste la disparition progressive du cachet. Le passeport demeure obligatoire, mais sa lecture sert désormais à ouvrir ou retrouver une fiche électronique. Un refus de fournir les éléments biométriques requis entraîne un refus d’entrée, sauf exemption prévue par la réglementation applicable.

Fonctionnement de l’EES : données enregistrées et contrôle aux frontières

Le fonctionnement de l’EES repose sur la création d’un dossier individuel lors du premier passage concerné. L’agent ou la borne lit le document de voyage, collecte les éléments biométriques requis et relie ces informations à l’entrée effectuée. Les déplacements ultérieurs alimentent le même dossier, sous réserve que les données soient encore conservées et que le passeport utilisé corresponde.

Du passeport tamponné au registre numérique européen

L’ancien système dépendait largement de l’examen visuel des cachets. Cette méthode imposait aux agents de parcourir plusieurs pages, d’interpréter les dates et de reconstituer les séjours déjà effectués. Elle devenait fragile lorsque les marques étaient superposées ou difficiles à lire.

L’EES automatise une partie de cette vérification. Il enregistre le pays et le point de passage, la date du franchissement, le type de mouvement et le document présenté. Une sortie devient donc un événement informatique relié à l’entrée correspondante, tandis qu’une absence de sortie peut déclencher le signalement d’un dépassement potentiel.

Le calcul respecte la réglementation Schengen applicable aux courts séjours. La limite de 90 jours ne se réinitialise pas à chaque nouvelle entrée, car elle s’apprécie sur une période mobile de 180 jours. Un visiteur ayant déjà passé 70 jours dans l’espace commun ne dispose donc pas automatiquement de trois nouveaux mois après une brève sortie.

Identification biométrique et vérification de l’identité

L’identification biométrique associe principalement une photographie du visage et, selon l’âge et la situation, les empreintes de quatre doigts. Ces éléments servent à vérifier que le porteur correspond au document présenté. Ils facilitent aussi la détection des identités multiples ou des passeports utilisés par une autre personne.

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Le passeport biométrique améliore l’automatisation grâce à sa puce électronique. Une borne compatible peut lire les données, vérifier certains mécanismes de sécurité et comparer le portrait stocké avec le visage capturé. Le document biométrique n’est pourtant pas une obligation générale pour relever de l’EES.

Le détenteur d’un passeport ordinaire peut passer par une cabine avec personnel. L’agent effectue alors les opérations nécessaires, y compris la photographie et la prise d’empreintes. Ce parcours prend souvent davantage de temps lors du premier enregistrement, mais il permet aux titulaires de documents valides non biométriques de voyager.

Élément contrôlé Traitement dans l’EES Effet pour le voyageur
📘 Passeport Lecture des données d’identité et du document Vérification de sa validité et de son authenticité
📸 Visage Capture d’une image faciale Comparaison avec le porteur et le passeport
🖐️ Empreintes Enregistrement lorsqu’elles sont requises Recherche d’une identité déjà connue
📍 Passage Inscription du lieu, de la date et du mouvement Calcul automatique du séjour effectué
⛔ Refus Enregistrement de la décision d’admission Traçabilité lors de futurs contrôles

Une décision toujours prise par les autorités frontalières

Une correspondance biométrique ne suffit pas à autoriser l’entrée. Le voyageur doit continuer à présenter un passeport valable et, lorsqu’il est requis, un visa. Les autorités peuvent demander une réservation d’hébergement, un billet de retour, une preuve de ressources ou des informations sur l’activité professionnelle annoncée.

Un contrôle automatisé peut également aboutir à une vérification manuelle. Une photo ancienne, une blessure au doigt ou une mauvaise qualité de capture provoquent parfois une correspondance incertaine. L’agent examine alors le document et peut procéder à une nouvelle collecte sans considérer automatiquement la personne comme suspecte.

L’EES se distingue aussi d’ETIAS. Le premier enregistre un passage à la frontière, tandis qu’ETIAS constitue une autorisation électronique destinée à certains voyageurs dispensés de visa. Les deux outils appartiennent à la modernisation des systèmes européens, mais ils répondent à des procédures et des calendriers différents.

Cette architecture procure aux autorités une vision plus cohérente des flux migratoires de courte durée. Elle ne comptabilise pas seulement des personnes : elle relie les mouvements à un statut, une durée autorisée et un document précis. La fiabilité dépend néanmoins de la qualité des équipements, de la formation des agents et de la bonne synchronisation entre les postes frontaliers.

Voyageurs non européens concernés par l’EES et principales exemptions

Le champ d’application dépend d’abord de la nationalité et du type de séjour. L’EES concerne les voyageurs non européens qui franchissent une frontière extérieure pour une visite de courte durée. La règle s’applique aussi bien aux personnes soumises à un visa Schengen qu’à celles bénéficiant d’une dispense.

Tourisme, affaires et visites familiales

Un citoyen britannique venant passer deux semaines en France entre dans le périmètre du système. Il en va de même pour un ressortissant américain participant à un salon professionnel en Allemagne ou pour un voyageur japonais visitant plusieurs pays Schengen. Le motif change, mais le statut reste celui d’un ressortissant de pays tiers en court séjour.

Le trajet intérieur ne donne pas lieu à une nouvelle inscription frontalière. Une personne arrivée en Espagne puis partie en train vers la France a déjà franchi la frontière extérieure à son arrivée. Son déplacement entre les deux pays ne constitue généralement pas une nouvelle entrée dans l’espace Schengen, même si des contrôles temporaires peuvent exister.

Les propriétaires d’une résidence secondaire doivent examiner leur titre administratif. Posséder un appartement au Portugal, en Espagne ou en Grèce ne vaut pas permis de séjour. Sans titre de résidence valable, le propriétaire reste soumis au calcul des 90 jours sur 180 et aux formalités EES.

Citoyens européens et titulaires d’un titre de séjour

Les citoyens des États membres de l’Union et des pays associés à Schengen suivent les files qui leur sont réservées. Ils ne sont pas enregistrés comme visiteurs de pays tiers dans l’EES. Leur identité peut bien sûr être contrôlée selon les règles nationales et les circonstances du passage.

Les ressortissants de pays tiers possédant un permis de séjour délivré par un État participant sont normalement exemptés. La même logique couvre les titulaires d’un visa de long séjour, qui relèvent d’un régime distinct du séjour touristique. Le document justificatif doit être présenté avec le passeport afin d’éviter une orientation erronée.

Certains membres de la famille d’un citoyen européen bénéficient également d’une exemption lorsqu’ils détiennent la carte de séjour prévue par le droit de l’Union. Le seul lien familial déclaré à l’oral ne suffit pas toujours. La carte ou le titre correspondant permet aux agents d’identifier le régime applicable.

Exemptions particulières et situations professionnelles

  • 🪪 Titulaires d’un permis de séjour ou d’un visa de long séjour délivré par un pays participant.
  • 👨‍👩‍👧 Membres de famille couverts par une carte de séjour européenne valable.
  • 🚆 Membres d’équipage de trains internationaux bénéficiant des règles professionnelles prévues.
  • ✈️ Personnel navigant de certaines liaisons internationales dans l’exercice de ses fonctions.
  • 🎖️ Membres de forces armées et familles couverts par les accords applicables à l’OTAN ou au Partenariat pour la paix.
  • 🏘️ Résidents frontaliers disposant d’un permis de franchissement local valide.
  • 🇦🇩 Ressortissants d’Andorre, de Monaco, de Saint-Marin et de la Cité du Vatican.
  • 🚢 Participants à certaines excursions de croisière répondant aux conditions dérogatoires.

Les exemptions professionnelles ne doivent pas être interprétées de manière générale. Un pilote voyageant à titre privé peut relever du régime ordinaire, alors que le même professionnel en service bénéficie de procédures spécifiques. Le document d’équipage et le contexte du déplacement déterminent le traitement appliqué.

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Les croisières illustrent également la complexité du périmètre. Une excursion d’une journée peut relever d’une dérogation lorsque le navire commence et termine son voyage hors de l’espace Schengen. Une arrivée définitive dans un port européen, suivie d’un séjour à terre, peut au contraire déclencher l’enregistrement habituel.

Irlande, Chypre et frontières européennes hors dispositif

L’Union européenne et l’espace Schengen ne se confondent pas entièrement. L’Irlande appartient à l’Union, mais ne participe pas au régime Schengen de libre circulation. Ses autorités poursuivent donc leurs contrôles nationaux sans utiliser l’EES de la même façon que les 29 pays participants.

Chypre applique également un cadre distinct tant que son intégration complète à Schengen n’est pas achevée. Un voyage comprenant Dublin, Larnaca et Paris peut donc comporter plusieurs procédures différentes. Les formalités observées dans le premier aéroport ne permettent pas de déduire celles du trajet suivant.

Les quatre pays associés que sont l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse participent à Schengen sans appartenir à l’Union européenne. Leurs frontières extérieures utilisent l’EES selon les mêmes principes. Cette distinction géographique explique pourquoi un vol vers Oslo ou Zurich peut déclencher l’enregistrement européen.

Le voyageur doit donc raisonner selon son statut de séjour, sa nationalité et le territoire franchi. Le pays de départ ne suffit pas à déterminer la procédure. Un résident légal en France muni d’un passeport non européen ne suit pas nécessairement le même parcours qu’un touriste de la même nationalité.

Retards liés à l’EES dans les aéroports, ports et gares internationales

Le passage à un enregistrement biométrique généralisé augmente mécaniquement la durée du premier contrôle. Chaque nouveau dossier exige la lecture du passeport, une photographie, la collecte éventuelle des empreintes et la validation des informations. Lorsque plusieurs vols long-courriers arrivent simultanément, quelques secondes supplémentaires par personne deviennent plusieurs dizaines de minutes à l’échelle d’une file.

Pourquoi les files d’attente peuvent atteindre deux heures

ACI Europe et Airlines for Europe ont indiqué que les temps d’attente atteignaient régulièrement jusqu’à deux heures aux périodes de pointe, avec des situations plus longues dans certains aéroports. Les organisations relient ces difficultés à l’enregistrement de tous les passagers concernés et à la capacité variable des infrastructures. Le nombre de bornes, d’agents et de voies disponibles joue un rôle direct.

Le déploiement progressif permettait aux autorités de réduire temporairement certaines opérations en cas de saturation. Depuis le 31 mars, tous les voyageurs de pays tiers concernés doivent être intégrés au dispositif. Cette généralisation limite les solutions de délestage fondées sur un retour provisoire au simple tampon.

Les aéroports ne rencontrent pas tous les mêmes contraintes. Un grand hub dispose souvent de nombreuses cabines, mais reçoit plusieurs vagues internationales rapprochées. Un aéroport régional traite moins de passagers, avec des équipes plus réduites et peu de bornes disponibles lorsqu’un vol complet arrive.

Combien de temps prévoir avant un vol

Pour un départ impliquant un contrôle de sortie Schengen, une marge de 90 à 120 minutes supplémentaires peut être prudente pendant les périodes chargées. Cette durée ne remplace pas la recommandation habituelle de la compagnie aérienne. Elle s’y ajoute lorsque l’aéroport ou le transporteur publie une alerte spécifique concernant les formalités frontalières.

Un passager qui décolle de Paris vers New York doit franchir le contrôle de sortie avant d’accéder à sa porte. À l’inverse, un trajet de Paris vers Rome reste intérieur à l’espace Schengen et ne déclenche normalement pas d’opération EES. Le point décisif est le franchissement de la frontière extérieure, et non la nationalité de la compagnie.

Les correspondances exigent une attention particulière. Un voyageur arrivant à Amsterdam depuis un pays tiers et poursuivant vers Berlin effectue son entrée Schengen aux Pays-Bas. Une escale courte peut devenir risquée si le premier enregistrement biométrique coïncide avec une forte affluence.

  1. ⏱️ Vérifier les conseils horaires publiés par l’aéroport et la compagnie.
  2. 📘 Garder le passeport ouvert et retirer son étui avant la borne.
  3. 🛂 Préparer le visa, le permis de séjour ou la carte familiale applicable.
  4. 🏨 Conserver l’adresse d’hébergement et la preuve du voyage retour.
  5. 🔄 Prévoir une marge renforcée lors d’une première inscription EES.
  6. 👨‍👩‍👧 Anticiper un passage plus long pour les groupes et les familles.

Bornes automatiques et contrôles avec personnel

Les kiosques en libre-service peuvent accélérer la saisie lorsque le passeport biométrique est compatible. Ils ne suppriment pas toujours le passage devant un agent, car la décision d’admission reste une prérogative de l’autorité frontalière. La borne prépare le dossier, effectue des contrôles et réduit le volume d’informations à saisir manuellement.

Un passeport ordinaire impose plus souvent l’utilisation d’une cabine traditionnelle. Ce parcours n’est pas anormal et ne signifie pas que le document est rejeté. Il nécessite simplement une intervention plus importante pour capturer les données et vérifier l’identité.

Les enfants de moins de 12 ans ne donnent pas leurs empreintes digitales. Ils doivent néanmoins être photographiés et associés à leur propre document de voyage. Les familles gagnent du temps lorsqu’elles présentent séparément chaque passeport et les justificatifs utiles concernant les mineurs.

Ports, Eurostar et terminaux juxtaposés

Les conséquences ne se limitent pas aux aéroports. Les ports de ferries doivent absorber la collecte biométrique dans des zones conçues pour traiter des véhicules. Le temps nécessaire varie selon que les passagers restent dans leur voiture, utilisent une installation mobile ou rejoignent une cabine de contrôle.

Les terminaux Eurostar et certaines liaisons transmanche utilisent des contrôles juxtaposés. Les formalités d’entrée peuvent donc être accomplies avant l’embarquement, sur le territoire du pays de départ. Cette organisation évite un contrôle massif à l’arrivée, mais elle peut déplacer l’attente vers la gare ou le port d’origine.

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Les délais devraient diminuer à mesure que davantage de voyageurs disposeront d’un dossier biométrique réutilisable. Les passages suivants nécessiteront principalement une vérification, à condition que les données restent valides et exploitables. Les performances dépendront aussi du fonctionnement des réseaux, de l’entretien des capteurs et de l’affectation des agents.

Protection des données EES, application mobile et préparation du voyage

L’EES traite des informations particulièrement sensibles. Un dossier peut associer l’identité civile, le numéro du passeport, une photographie, des empreintes digitales et l’historique des passages. La protection des données constitue donc une composante technique et juridique du système, au même titre que la sécurité des postes frontaliers.

Durée de conservation et droits des voyageurs

Les fiches d’entrée, de sortie et de refus sont généralement conservées pendant trois ans à compter de l’événement concerné. Le dossier individuel contenant les données personnelles peut suivre une durée calculée à partir de la dernière sortie ou du dernier refus. Lorsqu’une personne est considérée comme ayant dépassé son séjour, certaines informations peuvent être conservées plus longtemps, dans les limites prévues par le règlement.

Le règlement européen 2017/2226 définit les finalités du traitement et les conditions d’accès. Les autorités frontalières et les services habilités ne disposent pas d’un droit d’utilisation illimité. Chaque consultation doit répondre à une mission autorisée, avec des mécanismes de journalisation et de contrôle.

Le voyageur peut demander l’accès aux données le concernant et solliciter leur rectification lorsqu’elles sont inexactes. Il peut aussi demander l’effacement d’un traitement illicite selon les voies nationales prévues. Une erreur de date ou une sortie non enregistrée mérite une démarche rapide, car elle peut affecter le calcul du séjour disponible.

Cybersécurité et partage entre pays participants

La centralisation améliore la continuité des contrôles, mais elle accroît l’impact potentiel d’un incident informatique. Le système doit protéger les données lors de leur collecte, de leur transmission et de leur consultation. Le chiffrement, l’authentification des agents et la traçabilité des accès réduisent les risques d’utilisation abusive.

La sécurité européenne dépend aussi de la qualité des correspondances. Une donnée mal saisie peut générer une fausse alerte, tandis qu’un capteur défaillant peut empêcher une comparaison fiable. Les procédures prévoient donc des vérifications humaines et des voies de correction plutôt qu’une confiance absolue dans l’automatisation.

Le partage opérationnel aide un poste frontalier à retrouver une entrée réalisée dans un autre pays participant. Un visiteur arrivé en Italie et repartant depuis la Belgique peut être associé au même dossier. Cette continuité réduit les angles morts liés à des itinéraires comportant plusieurs États.

Préenregistrement avec l’application Travel to Europe

L’enregistrement principal a lieu à la frontière et ne nécessite aucun formulaire EES obligatoire plusieurs semaines avant le départ. Une application officielle, Travel to Europe, peut néanmoins faciliter la préparation là où les autorités ont activé cette possibilité. Elle est proposée sur les boutiques Google Play et Apple App Store.

Le service permet de transmettre certaines informations du passeport, de répondre à un questionnaire et de préparer une photographie jusqu’à 72 heures avant l’arrivée. Le Portugal et la Suède figurent parmi les pays ayant proposé cette option pendant la mise en œuvre. La disponibilité dépend du point de passage et doit être vérifiée avant de compter sur ce parcours.

L’application ne remplace ni le passeport ni l’entretien frontalier. Le voyageur doit toujours se présenter physiquement, fournir ses empreintes lorsqu’elles sont requises et répondre aux demandes de l’agent. Son intérêt réside dans la réduction de certaines saisies répétitives.

Il convient de vérifier soigneusement l’éditeur avant tout téléchargement. Une application imitant le nom ou l’apparence d’un service européen pourrait chercher à récupérer des données d’identité. Les liens fournis par les autorités nationales, les aéroports ou les institutions de l’Union offrent un point d’accès plus sûr que les publicités affichées dans un moteur de recherche.

Préparer un dossier cohérent avant le départ

Le contrôle numérique ne modifie pas les conditions fondamentales du court séjour. Le passeport doit rester valable selon les exigences applicables, et le visa doit couvrir le déplacement lorsqu’il est nécessaire. Les réservations, l’adresse de séjour, le billet de retour et les ressources financières peuvent être vérifiés.

Une personne arrivant pour une conférence professionnelle gagne à conserver son inscription, l’adresse de l’événement et les coordonnées de l’organisateur. Pour une visite familiale, une attestation d’hébergement peut être demandée selon le pays. Ces justificatifs réduisent les ambiguïtés lorsque le motif déclaré doit être confirmé.

Le calcul des jours mérite une vérification avant tout nouveau trajet. Les séjours effectués dans plusieurs pays Schengen s’additionnent. Une semaine en Autriche, un mois en France et six semaines en Espagne appartiennent au même compteur lorsqu’ils se situent dans la période mobile pertinente.

On en dit Quoi ?

Le Système européen d’entrée et de sortie apporte une traçabilité supérieure aux cachets et facilite le repérage des dépassements de séjour. Son efficacité repose pourtant sur une collecte biométrique bien exécutée, des équipements disponibles et des procédures de correction accessibles. Pour les voyageurs, la préparation documentaire et une marge horaire renforcée restent les mesures les plus utiles pendant la stabilisation des contrôles. 🔎

L’EES transforme surtout la preuve du passage. Le passeport reste central, mais l’historique électronique devient la référence pour déterminer les entrées, les sorties et la durée consommée. Une personne qui constate une anomalie doit conserver ses cartes d’embarquement, billets ou justificatifs de transport afin d’appuyer une demande de rectification.

Faut-il demander une autorisation EES avant de voyager ?

Non. L’enregistrement EES s’effectue au poste frontalier lors de l’arrivée ou du départ. Une application peut préparer certaines données dans les points de passage compatibles, mais elle ne remplace pas le contrôle physique.

Un passeport biométrique est-il obligatoire pour l’EES ?

Non. Un passeport ordinaire valide peut être accepté, mais son détenteur doit généralement utiliser une cabine avec personnel. Le passeport biométrique donne plus facilement accès aux bornes automatiques.

Les enfants fournissent-ils leurs empreintes digitales ?

Les enfants de moins de 12 ans sont dispensés de la prise d’empreintes dans l’EES. Une photographie faciale et les données de leur document de voyage restent nécessaires.

L’EES modifie-t-il la règle des 90 jours sur 180 ?

Non. Il automatise son contrôle. Les jours passés dans les différents pays Schengen sont additionnés sur une période mobile de 180 jours.

Les titulaires d’un permis de séjour utilisent-ils l’EES ?

Les titulaires d’un permis de séjour ou d’un visa de long séjour délivré par un pays participant sont normalement exemptés. Ils doivent présenter le titre valable avec leur passeport au contrôle.

Elisa

Journaliste spécialisée dans les nouvelles technologies, passionnée de gadgets et d’innovations. À 39 ans, je décrypte chaque jour l’impact du numérique sur notre quotidien et partage mes découvertes auprès d’un large public averti ou curieux.

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