Suivi SEO : des résultats Google faussés toucheraient 8 % des relevés
L’éditeur Nozzle a publié le 10 octobre 2026 une étude portant sur 27,5 millions de pages de résultats Google collectées dans 49 pays. Selon ses calculs, 8 % des relevés obtenus depuis le 13 septembre sont faussés, sans erreur ni captcha visibles. Une chute de positions de deux ou trois jours dans un reporting SEO peut donc venir de la collecte de données elle-même, sans recul réel du site.
En Bref
- 8 % de pages faussées depuis le 13 septembre, contre 0,17 % du 20 août au 9 septembre.
- Sur une page faussée, le site suivi sort du top 10 dans 58,6 % des cas, contre 2,7 % en temps normal.
- 77,9 % de ces pages retrouvent leurs sites habituels en trois jours.
- France autour de 4 %, Belgique 13,2 %, Suisse 12,8 %.
8 % de relevés faussés depuis mi-septembre, selon Nozzle
Sur les 27,5 millions de pages collectées sur desktop, iPhone et Android jusqu’au 9 octobre, Nozzle en a analysé 17,8 millions. Le rank tracker qualifie 8 % d’entre elles de SERP « empoisonnées ». Sur la période de référence, du 20 août au 9 septembre, ce taux plafonnait à 0,17 %. La chronologie reconstituée par l’éditeur se découpe en quatre temps :
- 13 septembre : les requêtes envoyées à Google échouent en masse, et Derek Perkins, de Nozzle, évoquait une baisse de 80 % de ses données (Info-lux, d’après Search Engine Roundtable) ;
- 20 septembre : les premières pages faussées apparaissent parmi les relevés qui aboutissent ;
- 27 au 29 septembre : le phénomène culmine, avec environ un quart des relevés touchés ;
- depuis le 1er octobre : le taux quotidien oscille entre 5 et 11 %.
Des pages d’apparence normale aux résultats remplacés
La page renvoyée à l’outil n’affiche ni message d’erreur ni captcha. Son gabarit ressemble trait pour trait à celui d’une page légitime, si bien qu’aucun filtre technique ne la rejette. Ses résultats organiques, en revanche, sont largement remplacés. Nozzle juge une page faussée quand moins de la moitié des sites habituels du mot-clé y figurent, avant de réapparaître sur un relevé suivant.
L’effet sur un tableau de suivi de positions est direct. Le site suivi disparaît du top 10 dans 58,6 % des pages faussées, contre 2,7 % en période normale. L’épisode reste court : 77,9 % de ces pages retrouvent leurs sites habituels en trois jours. Dans les rapports de suivi que je consulte, ce type d’aller-retour passe souvent pour de la simple volatilité d’algorithme.
La France moins exposée que la Belgique et la Suisse
Un site qui cible plusieurs marchés francophones doit lire ses courbes pays par pays. Les écarts relevés par Nozzle sont nets :
| Zone | Part de pages faussées |
|---|---|
| Ensemble des 49 pays (depuis le 13 sept.) | 8 % |
| Belgique | 13,2 % |
| Suisse | 12,8 % |
| France | environ 4 % (3,9 % selon Info-lux) |
| Référence (20 août au 9 sept.) | 0,17 % |
Un mot-clé suivi en Belgique produit ainsi plus de trois fois plus de relevés faux que le même mot-clé suivi en France. Pour une agence qui gère des comptes à Bruxelles ou à Genève, les rapports d’octobre demandent une lecture plus prudente que ceux des clients hexagonaux. L’étude ne fournit pas d’explication à cet écart.
Google viserait les robots des IA, sans le confirmer
Nozzle et Sistrix y voient une réponse de Google au scraping massif de ses résultats pour alimenter des services d’IA générative. Les outils de suivi, qui collectent les pages de la même façon, seraient pris dans le filet. Cette lecture reste une hypothèse d’éditeurs : Google n’avait fait aucun commentaire au 12 octobre, selon Search Engine Roundtable, où Barry Schwartz a relayé l’étude.
D’autres outils décrivent des anomalies voisines. Morningscore a reçu des listes de résultats tronquées du 24 septembre au 1er octobre, et Sistrix a publié une note sur le sujet le 7 octobre, selon Info-lux.
Les chiffres de Nozzle proviennent d’un seul éditeur et portent sur les mots-clés de ses propres clients. Ils mesurent ce que reçoivent les robots. Rien ne prouve que les internautes voient ces pages faussées.
On en dit Quoi ?
L’étude de Nozzle documente un biais de mesure précis, chiffré et daté, que tout éditeur de rank tracker devrait désormais filtrer. Elle reste toutefois la photographie d’un seul outil, sur son propre portefeuille de mots-clés. Tant que Google ne s’exprime pas, un rapport de positions isolé ne suffit pas à conclure à une perte de visibilité, surtout sur les marchés belge et suisse.
Comment repérer une fausse chute dans son rapport
Rémy Blanchard, expert SEO chez Foxglove, recommande de confronter toute chute de positions à deux sources avant d’alerter un client :
- la Search Console : si les impressions et les clics du mot-clé tiennent, le site n’a probablement pas bougé ;
- l’historique sur plusieurs semaines des sites habituels de la requête : une sortie du top 10 suivie d’un retour sous trois jours correspond au profil décrit par Nozzle.
Une baisse qui persiste au-delà de cette fenêtre et se retrouve dans la Search Console relève d’un vrai recul. Demandez aussi à votre éditeur d’outil comment il traite les relevés suspects, puisque Sistrix et Morningscore ont chacun ajusté leur collecte.
Restent à surveiller une éventuelle prise de position de Google et la mise à jour des courbes de Nozzle, dont les derniers jours restent incomplets. Pour votre prochain reporting SEO, exportez dès maintenant vos données Search Console des 28 derniers jours et superposez-les aux relevés de votre outil, mot-clé par mot-clé.


