Le Sud Alsace se positionne comme un terrain d’expérimentation concret pour la transformation numérique des territoires. Autour du quartier de la Fonderie à Mulhouse, un pôle d’excellence en cybersécurité prend de l’ampleur et étend progressivement son réseau d’influence. Portée par Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) et un collectif d’acteurs publics et privés, l’initiative combine accompagnement opérationnel, innovation technologique et montée en compétences. Avec une enveloppe prévisionnelle de 702 000 € sur trois ans issue de cofinancements, la démarche s’inscrit dans le prolongement du Campus cyber national et du maillage régional lancé en 2024 par le Grand Est. Elle vise à sécuriser les usages numériques, à structurer une offre de services de proximité, et à anticiper l’intégration de l’IA dans les organisations, de l’hôpital à la PME industrielle.
Deux lieux totems organisent la dynamique: la Maison du Territoire à Sausheim pour les acteurs publics, et le Village industriel du quartier Fonderie pour les entreprises. Dès lors, la feuille de route à horizon 2029 s’articule autour de quatre axes opérationnels: orienter les organisations vers les bonnes ressources, sensibiliser aux risques numériques, former aux compétences clés, et accompagner les projets critiques. La coordination est assurée par une “porte d’entrée” identifiée qui facilite la collaboration numérique entre les écoles, les laboratoires, les intégrateurs et les responsables métiers. Ainsi, la sécurité informatique devient une démarche collective, mesurable et reproductible, au service de la cyberdéfense des filières locales et de la protection des données au quotidien.
| Axes 🎯 | Publics cibles 🧭 | Actions 2026-2029 🛠️ | Indicateurs clés 📊 | Lieux totems 📍 |
|---|---|---|---|---|
| Orienter | TPE/PME, hôpitaux, collectivités | Guichet unique, cartographie des prestataires, diagnostic flash | Temps de mise en relation, taux de satisfaction | Maison du Territoire 🏛️ |
| Sensibiliser | Décideurs, DSI, responsables métiers | Ateliers phishing, exercices de crise, débats IA responsable | Nombre d’événements, taux de participation | Village industriel 🏭 |
| Former | Techniciens, étudiants, reconversions | Bootcamps SOC, modules OT, parcours RGPD | Certifications, insertion, réussite aux évaluations | École 42 / KMØ 🎓 |
| Accompagner | Dirigeants, RSSI, DPO | Pilotes zero trust, segmentation OT, plan de résilience | Réduction des incidents, MTTD/MTTR, audits conformes | Sites industriels / UHA 🔬 |
En Bref
- 🔐 Un pôle d’excellence régional structure un réseau d’influence au service de la cyberdéfense.
- 🤝 Des lieux totems et un guichet unique accélèrent la collaboration numérique locale.
- 🚀 Une feuille de route 2026-2029 cible l’innovation technologique et la protection des données.
Origines et ancrage territorial: comment la Fonderie a catalysé la transformation numérique
Le quartier de la Fonderie à Mulhouse s’est imposé comme un terrain d’ancrage pour les technologies avancées. Dès 2013, la stratégie de M2A a reposé sur l’identification de quartiers spécialisés. Celui-ci a été entièrement repensé pour accueillir des acteurs de l’industrie et du numérique. Progressivement, des lieux phares comme École 42, KMØ et la Maison de l’Industrie se sont installés, avec en voisinage l’Université de Haute-Alsace et ses laboratoires. Ainsi, l’écosystème a gagné en densité, en visibilité, puis en attractivité auprès d’experts.
Ce socle territorial a joué un rôle clé lorsque l’État a lancé, en 2022, le Campus cyber national. Par la suite, la Région Grand Est a décliné un maillage régional et a retenu, début 2024, plusieurs pôles spécialisés. Le Sud Alsace s’est positionné sur la cybersécurité avec une expertise renforcée pour l’industrie et des usages liés à l’IA. Dès lors, l’objectif était clair: rapprocher les compétences, accélérer les coopérations et apporter des réponses locales à des menaces globales.
De l’idée au collectif opérationnel
La démarche s’est structurée par étapes. D’abord, un collectif a été rassemblé autour des besoins concrets des TPE/PME, des hôpitaux et des collectivités. Ensuite, l’animation a été confiée à une cheffe de projet dédiée, véritable porte d’entrée du pôle. Cette fonction facilite la mise en relation entre ceux qui “ont les clés” et ceux qui “cherchent les clés”. En pratique, la méthode favorise des réponses rapides et adaptées aux contraintes d’un atelier de production, d’un service public, ou d’un établissement scolaire.
Les premières actions ont porté sur la sensibilisation. Par exemple, un cycle d’ateliers a détaillé les risques liés au rançongiciel, l’usage de l’IA générative en contexte professionnel, et les techniques de sécurité informatique pour les environnements industriels. Par ailleurs, des diagnostics flash ont permis à des dirigeants d’identifier en quelques heures leurs lacunes de base. Ainsi, un cap a été donné: passer de l’intention à l’exécution.
Un réseau d’influence qui s’étend
Au-delà de Mulhouse, l’initiative tisse des ponts vers d’autres bassins d’emploi du Grand Est. Parce que les chaînes de valeur sont interconnectées, la collaboration numérique dépasse les frontières communales. Des conventions de partenariat s’esquissent avec des intégrateurs, des cabinets d’audit et des formations spécialisées. En conséquence, le pôle devient un point d’articulation entre besoins locaux et offre régionale. Cet alignement conforte son statut de pôle d’excellence et renforce sa capacité d’entraînement.
En définitive, l’ancrage territorial se double d’une ambition régionale assumée. C’est bien cette double échelle qui confère au projet sa force, en combinant proximité et effet réseau.
Gouvernance, modèle économique et critères de labellisation: les fondations d’un pôle d’excellence
La gouvernance du pôle repose sur un chef de file identifié et légitime, soutenu par M2A. Ce leadership clarifie les responsabilités et fluidifie la prise de décision. Ensuite, un comité opérationnel réunit entreprises, monde académique et collectivités. Chaque partie prenante y apporte des ressources, des cas d’usage et des retours d’expérience. Ainsi, la boucle d’amélioration continue s’alimente d’exemples concrets, et non de principes théoriques.
Côté financement, le prévisionnel de 702 000 € sur trois ans mobilise des sources publiques et privées. L’enveloppe accélère l’amorçage: recrutement de l’animatrice, conception d’outils numériques, organisation d’ateliers et lancement de pilotes. Pour éviter les effets de silo, les budgets sont fléchés vers des actions transversales. Par exemple, un exercice de gestion de crise mobilise à la fois des décideurs, des techniciens et des communicants. Ce format reflète la nature systémique d’un incident cyber.
Critères clés pour la labellisation régionale
Pour être labellisé et cofinancé, le pôle s’aligne sur un cahier des charges régional. Cette exigence renforce la crédibilité du dispositif et garantit la pérennité des projets. Voici la check-list qui structure l’ensemble.
- 🏗️ Représentativité de l’écosystème: entreprises, formation, recherche, collectivités alignées.
- 📌 Chef de file identifié: entité dotée d’une existence juridique claire.
- 🌆 Soutien d’une agglomération > 100 000 habitants pour l’ancrage et la continuité.
- 🎯 Spécialisation démontrée: expertise différenciante à l’échelle régionale.
- 🤝 Réponse de proximité: valeur ajoutée tangible pour le secteur public et le privé.
- 🏛️ Lieux d’accueil identifiés: Maison du Territoire et Village industriel de la Fonderie.
Cette grille fournit un cadre stable pour la montée en charge. Elle impose un rythme, des priorités et des preuves d’impact. Dès lors, le pôle peut communiquer des résultats lisibles, tout en gardant la souplesse nécessaire à l’innovation.
En synthèse, la gouvernance et la labellisation créent un socle de confiance. Ce socle encourage les entreprises à franchir le pas et à investir dans la cybersécurité.
Axes stratégiques 2026-2029: orienter, sensibiliser, former, accompagner
Les quatre axes structurent l’action et éclairent la promesse de valeur. D’abord, orienter consiste à fournir un guichet unique. Un diagnostic initial qualifie la maturité: gestion des identités, sauvegardes, protection des terminaux, sécurité des réseaux industriels. Ensuite, l’équipe propose des prestataires adaptés. Cette orientation évite l’éparpillement et réduit le temps de décision.
Le deuxième axe, sensibiliser, cible les risques concrets. Des ateliers mettent en scène un hameçonnage ciblé, un chiffrement de postes, ou une fuite de données causée par un partage mal configuré. Par ailleurs, des sessions dédiées à l’IA expliquent comment encadrer l’usage des modèles génératifs. Des chartes d’usage responsables sont co-construites avec les directions métiers.
Former et accompagner: du SOC à la résilience
Le troisième axe, former, s’appuie sur l’écosystème local. Des bootcamps initient au fonctionnement d’un SOC. Des modules pratiques couvrent la détection d’intrusions, l’analyse de journaux et la réponse aux incidents. En parallèle, des parcours RGPD renforcent la protection des données et la gouvernance documentaire. Enfin, des formations OT ciblent la sécurité de la production: segmentation, durcissement et surveillance réseau.
Le quatrième axe, accompagner, transforme l’essai. Par exemple, une PME industrielle fictive, “TextiMeca”, a cartographié son réseau d’ateliers, isolé ses automates critiques et mis en place une supervision passive. Ainsi, les temps d’arrêt ont été réduits et le niveau de risque opérationnel a baissé. De même, un centre hospitalier a simulé une cybercrise. La simulation a révélé des écarts sur les procédures d’escalade et la communication interne. Les plans ont été corrigés dans la foulée.
Rituels, pilotes et trajectoires de progrès
Pour soutenir la durée, des rituels trimestriels mesurent l’avancement. Un comité de suivi examine les indicateurs, ajuste les priorités et partage les retours d’expérience. En parallèle, des pilotes zero trust démontrent la valeur de la micro-segmentation et du MFA. Ensuite, un déploiement progressif s’opère, ce qui limite les risques et améliore l’adhésion. Cette approche pragmatique ancre la transformation numérique dans la réalité du terrain.
Pour approfondir ces sujets, une sélection de contenus pédagogiques est proposée ci-dessous, avec un focus sur l’OT et la gestion des identités.
Ces ressources complètent les ateliers et nourrissent l’apprentissage continu. Elles servent également de base à la préparation des exercices de crise et aux revues techniques.
Écosystème et lieux totems: Maison du Territoire et Village industriel au cœur de la collaboration numérique
Les lieux totems rendent l’action visible et accessible. La Maison du Territoire à Sausheim accueille les acteurs publics. Les équipes y organisent des événements dédiés aux hôpitaux, aux établissements scolaires et aux collectivités. En parallèle, le Village industriel de la Fonderie cible les entreprises. L’offre y est orientée vers la sécurité informatique des environnements de production et des ERP. Cette répartition clarifie les parcours et évite la dispersion.
Un jalon marquant a été l’animation d’une journée par un intégrateur télécom et cloud, expert en infrastructures sécurisées. Au programme: segmentation réseau, sécurisation du Wi-Fi visiteur, et continuité d’activité. De plus, des retours concrets d’incidents ont alimenté les discussions. Ces retours ont permis à des dirigeants de hiérarchiser leurs priorités et de planifier des actions dès la semaine suivante.
Rôles des partenaires: école, usine et laboratoire
La présence de KMØ, de l’École 42 et des laboratoires de l’UHA apporte une profondeur rare. Les étudiants testent des scénarios réels et contribuent à des prototypes de détection. Les industriels ouvrent des bancs d’essai, sous contrôle strict, pour éprouver des solutions. Enfin, les chercheurs apportent des méthodes d’analyse et des modèles de risque. Ce triangle renforce l’innovation et accélère la mise sur le marché de solutions robustes.
Pour illustrer ces interactions, une sélection vidéo propose des échanges sur la gestion de crise, la gouvernance et la conduite du changement, adaptés aux organisations régionales.
Ces contenus aident à aligner les acteurs sur un langage commun. Ils facilitent aussi la diffusion des bonnes pratiques au-delà du cœur mulhousien.
Technologies avancées de cyberdéfense: IA, zero trust et sécurité des systèmes industriels
L’IA transforme la cyberdéfense, mais elle impose des garde-fous. D’un côté, les modèles détectent des anomalies subtiles et contextualisent des signaux faibles. De l’autre, ils introduisent des risques: fuites de données, hallucinations et exposition de secrets. Pour sécuriser ces usages, des politiques d’accès strictes et des journaux d’audit sont indispensables. Par ailleurs, la validation humaine reste centrale pour les décisions sensibles.
Le zero trust apporte une réponse moderne. Le principe “never trust, always verify” limite la portée d’une compromission. Concrètement, l’authentification multifacteur, la micro-segmentation et l’inspection du trafic réduisent la surface d’attaque. Dans l’OT, la sécurité passe aussi par la cartographie des flux, des inventaires précis et un durcissement des automates. Ensuite, la supervision passive surveille sans perturber la production.
Protéger les données, respecter la conformité
La protection des données concerne les sauvegardes immuables, la classification des informations et la gestion des clés. En outre, la conformité RGPD impose des principes de minimisation et d’accountability. Des DPIA cadrent les nouveaux traitements, notamment pour l’IA. Enfin, des tests d’intrusion réguliers évaluent la robustesse des contrôles et éclairent les plans d’amélioration.
Pour accélérer, un plan d’action en cinq étapes sert de boussole. Il s’adapte aux tailles d’organisation et reste compréhensible par les dirigeants.
- 🧭 Cartographier les risques et les actifs critiques.
- 🔑 Renforcer les identités, MFA et accès privilégiés.
- 🛡️ Segmenter les réseaux IT/OT et durcir les configurations.
- 📦 Sécuriser les sauvegardes et tester la restauration.
- 📣 Former, entraîner, communiquer en situation de crise.
En résumé, la technologie ne suffit pas sans gouvernance et sans entraînement. C’est la combinaison des trois qui produit un gain durable.
Mesurer l’impact et accélérer la transformation numérique: indicateurs, risques et prochaines étapes
Mesurer, c’est piloter. Des indicateurs pertinents rendent l’effort lisible et actionnable. D’abord, sur la sensibilisation: nombre d’événements, taux de complétion et progression des scores de phishing. Ensuite, sur l’opérationnel: délais de détection (MTTD), délais de réponse (MTTR) et volume d’incidents évités. Enfin, sur la conformité: audits réussis, écarts traités et couverture des traitements sensibles.
La gestion des risques accompagne ces métriques. Les menaces évoluent vite: rançongiciels ciblant l’OT, supply chain logicielle, fuites via outils collaboratifs. Pour rester à niveau, le pôle favorise des revues trimestrielles, des tests de reprise et des mises à jour de procédures. De fait, l’entraînement régulier ancre les réflexes et limite l’improvisation lors d’une crise.
Feuille de route 2029: outils, compétences et résilience
Trois livrables structurent l’horizon 2029. D’abord, un hub en ligne qui facilite les mises en relation et centralise les contenus. Ensuite, un programme de formations modulaires, du niveau initié au niveau avancé. Enfin, un portefeuille d’accompagnements sur l’innovation, y compris pour l’IA responsable et la sécurité des systèmes industriels. Ces livrables créent un continuum entre initiation, expertise et opérationnel.
À court terme, la priorité reste l’exécution locale. Des victoires rapides bâtissent la confiance et renforcent le réseau d’influence. À moyen terme, la duplication des modèles réussis amplifie l’impact. À long terme, l’objectif est clair: une région plus résiliente, où la transformation numérique s’opère avec rigueur, transparence et résultats mesurables.
On en dit Quoi ?
La dynamique engagée par le pôle d’excellence en cybersécurité Sud Alsace apporte des réponses concrètes aux défis actuels. Les lieux totems, la gouvernance claire et l’accent mis sur l’industrialisation des bonnes pratiques forment un socle robuste. En combinant orientation, sensibilisation, formation et accompagnement, le territoire gagne en maturité et en résilience. À ce rythme, l’écosystème peut devenir une référence régionale, puis un modèle duplicable pour d’autres bassins industriels.
Qui peut bénéficier des services du pôle d’excellence en cybersécurité ?
Les TPE/PME industrielles, les hôpitaux, les collectivités, les établissements scolaires et les acteurs de la recherche. Les prestataires locaux sont aussi impliqués pour accélérer la mise en œuvre.
Quels sont les lieux totems et à quoi servent-ils ?
La Maison du Territoire (secteur public) et le Village industriel du quartier Fonderie (entreprises). Ils accueillent ateliers, formations, exercices de crise et rendez-vous d’orientation.
Comment le pôle finance ses actions ?
Par un budget prévisionnel pluriannuel fondé sur des cofinancements publics et privés. Les priorités portent sur l’animation, les outils, les formations et les pilotes techniques.
Quels sont les axes prioritaires jusqu’en 2029 ?
Orienter, sensibiliser, former et accompagner. Ils se traduisent par un guichet unique, des programmes pédagogiques et des déploiements concrets (zero trust, sécurité OT, protection des données).
L’IA est-elle au cœur de la stratégie ?
Oui, avec une approche responsable: gouvernance des usages, contrôle des accès, audit des prompts et supervision des modèles. Les cas d’usage sont alignés sur la sécurité opérationnelle et la conformité.
Journaliste spécialisée dans les nouvelles technologies, passionnée de gadgets et d’innovations. À 39 ans, je décrypte chaque jour l’impact du numérique sur notre quotidien et partage mes découvertes auprès d’un large public averti ou curieux.

