Trafic venu de ChatGPT et des IA : ces visiteurs dépensent davantage sur les sites marchands
Adobe a mesuré sur les sites marchands des États-Unis un taux de conversion supérieur de 90 % pour les visiteurs envoyés par ChatGPT, Claude et les autres assistants conversationnels. Relayée par Siècle Digital le 3 novembre 2026, l’étude chiffre aussi un revenu par visite plus élevé de 83 %. Ce trafic reste pourtant minoritaire en volume et mal capté par les outils de mesure.
En Bref
- Aux États-Unis, les visiteurs issus des IA convertissent 90 % mieux et rapportent 83 % de plus par visite (Adobe).
- Le trafic IA vers l’e-commerce américain a progressé de 71 % sur un an en septembre 2026.
- Adobe projette +159 % à Thanksgiving, +95 % au Black Friday et +88 % au Cyber Monday.
- En France, ce trafic a été multiplié par 20 chez 13 enseignes, avec une conversion supérieure de 25 % (Valiuz).
- 50 marques françaises sur 74 sont absentes d’une réponse d’achat de ChatGPT.
Une conversion supérieure de 90 % et un revenu par visite en hausse de 83 %
Si vous pilotez un site marchand, deux ratios d’Adobe méritent votre attention : l’internaute arrivé depuis une IA convertit 90 % mieux que celui des autres sources et génère un revenu par visite supérieur de 83 %. L’étude porte sur les sites de e-commerce américains. Ces visiteurs prolongent leur session et ajoutent plus souvent des produits au panier.
L’explication la plus plausible tient au parcours. Dans la conversation avec un assistant, l’internaute décrit son besoin, compare et élimine des options. Il clique ensuite avec une intention d’achat déjà mûre, quand une requête sur un moteur classique intervient souvent en pleine phase d’exploration. Adobe n’a pas publié le détail de sa méthode (échantillon, définition d’une visite issue d’une IA), et seul Siècle Digital a rapporté ces résultats.
Un trafic en hausse de 71 % sur un an, et des fêtes attendues en forte progression
Le trafic IA vers les sites marchands américains a augmenté de 71 % sur un an en septembre 2026, d’après Adobe. La croissance s’est nettement accélérée à partir d’octobre 2024. Pour les fêtes de fin d’année, l’éditeur anticipe une nouvelle poussée sur les trois temps forts du calendrier commercial américain.
| Temps fort (sites américains) | Hausse projetée du trafic IA |
|---|---|
| Thanksgiving | +159 % |
| Black Friday | +95 % |
| Cyber Monday | +88 % |
Ces chiffres sont des projections. Ils décrivent une progression relative et ne renseignent pas sur la part du trafic IA dans l’ensemble des visites, qui reste faible.
En France, des signaux convergents mais un volume encore modeste
Le baromètre Valiuz de juillet 2026 fournit le point de comparaison français. Chez 13 grandes enseignes, le trafic venu des IA a été multiplié par 20 entre mai 2025 et mai 2026. Sa conversion dépasse de 25 % celle des leviers marketing classiques, un écart plus modéré que celui mesuré outre-Atlantique.
L’usage progresse aussi côté acheteurs. D’après la Fevad et Odoxa, 31 % des cyberacheteurs français recourent à l’IA générative pour préparer leurs achats, une proportion qui grimpe à 49 % chez les 15-24 ans.
En volume, le canal pèse encore peu. Chez le distributeur britannique John Lewis, la part du trafic apportée par les grands modèles de langage est passée de 0,5 % à 2 %, avec un objectif de 5 %, selon EcommerceMag.
Mesurer la recommandation, le nouveau chantier des e-commerçants
Isolez d’abord dans vos outils d’analyse les visites venues de chatgpt.com, perplexity.ai ou gemini.google.com : c’est la seule fraction du trafic IA mesurable directement. Une visite lancée depuis une application arrive souvent sans référent et gonfle le trafic direct. Une marque retenue dans une réponse peut aussi revenir plus tard par une recherche sur son nom. Quand j’interroge des responsables e-commerce, la même remarque revient : la ligne « direct » progresse sans cause identifiée.
HubSpot illustre ce flou d’attribution. Kipp Bodnar, son directeur marketing, revendique une hausse de 1 850 % des leads qualifiés issus des réponses IA entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, avec une conversion environ trois fois supérieure à la recherche classique. L’éditeur ne communique pas la base de départ, et son dirigeant reconnaît que le suivi par clics laisse passer les citations sans visite.
Reste la visibilité. Un relevé de l’Indice Cited, réalisé le 21 septembre sur ChatGPT pour 74 marques françaises, montre que 50 d’entre elles (68 %) n’apparaissent pas dans la réponse à une question d’achat, d’après le JDN. Le GEO, qui vise à être cité par les moteurs génératifs, passe par quelques gestes de suivi :
- poser régulièrement à plusieurs assistants les questions d’achat de vos clients, sans nommer votre marque, et noter qui est cité et à quel rang ;
- relever les sites tiers que ces moteurs mobilisent dans leurs réponses ;
- ajouter « un assistant IA » aux choix proposés dans la question « Comment nous avez-vous connus ? » ;
- suivre le revenu par visite canal par canal, en plus du nombre de sessions.
On en dit Quoi ?
Les ratios d’Adobe vont dans le même sens que ceux de Valiuz et de HubSpot, avec trois limites communes : méthode non publiée, base de départ inconnue, volume faible. À 2 % du trafic chez John Lewis, une conversion nettement supérieure pèse encore peu dans le chiffre d’affaires. Le suivi des citations dans les réponses des assistants nous semble plus parlant que le décompte des sessions.
Les premiers bilans d’Adobe sur Thanksgiving, le Black Friday et le Cyber Monday montreront si les projections se vérifient. Côté français, une mise à jour du baromètre Valiuz indiquerait si l’avantage de conversion de 25 % résiste à la hausse des volumes. D’ici le Black Friday, posez à ChatGPT, Claude et Gemini cinq questions d’achat de votre catégorie et consignez les marques citées : ce relevé vous servira de point de référence.


