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DAS : Découvrez Le Distributed Antenna System

Antennes d'un distributed antenna system installées au plafond d'un bâtiment moderne
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Un distributed antenna system (DAS) diffuse les réseaux 4G et 5G des quatre opérateurs mobiles français dans tout un bâtiment, grâce à des antennes intérieures reliées à une tête de réseau. Pour un immeuble de bureaux, le budget se situe autour de 15 à 20 € par m² hors raccordement des opérateurs, pour un projet bouclé en 3 à 6 mois. Le résultat dépend ensuite d’arbitrages techniques et contractuels : source du signal, architecture passive ou active, montage avec un opérateur neutre. Les répéteurs achetés en ligne posent un problème de légalité, et les établissements recevant du public doivent aussi garantir la radio des secours.

En Bref

  • Les vitrages à isolation renforcée atténuent le signal mobile d’environ 30 dB, soit une puissance divisée par 1 000.
  • Une source off-air étend la couverture ; une station de base ou une small cell ajoute de la capacité.
  • Un répéteur installé sans l’accord de l’opérateur concerné constitue une infraction en France.
  • Un opérateur neutre d’infrastructure porte le projet et contractualise avec Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free.
  • Dans les ERP, l’article MS 71 impose une couverture radio des secours compatible avec le Réseau Radio du Futur.

Qu’est-ce qu’un distributed antenna system (DAS) ?

Un Distributed Antenna System, ou système d’antennes distribuées, est une infrastructure radio consacrée à la couverture mobile à l’intérieur des bâtiments. Des antennes réparties dans l’ouvrage reçoivent le signal d’une source centrale et le rediffusent de façon homogène, étage par étage. Le DAS multi-opérateurs transporte en même temps les réseaux d’Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free : chaque occupant capte, quelle que soit sa carte SIM.

L’installation couvre les bandes de la 2G à la 5G et accueille de nouvelles fréquences à mesure que les opérateurs les allument, 3,5 GHz comprise. Elle vise les sites d’une certaine surface : centres commerciaux, gares, tours tertiaires. Un homonyme sème souvent la confusion. Sur la fiche d’un smartphone, DAS désigne le débit d’absorption spécifique, exprimé en W/kg, qui mesure l’exposition aux ondes et n’a aucun rapport avec l’infrastructure décrite ici.

Comment fonctionne un DAS, de la source du signal aux antennes

Le signal parcourt quatre étapes : entrée dans le système, centralisation, transport dans l’ouvrage, puis diffusion par les antennes. Chaque maillon a ses propres contraintes de dimensionnement.

Les composants clés : tête de réseau, unités déportées et antennes

Six briques composent une installation complète :

  • la source : stations de base des opérateurs dans le local technique, ou hébergées à distance dans un BTS Hôtel, site mutualisé qui alimente plusieurs bâtiments par fibre ;
  • la tête de réseau (master unit) : elle combine les signaux des opérateurs et des bandes, puis les convertit en signal optique ;
  • le transport : fibre optique pour les longues distances et les colonnes montantes, câble coaxial pour la desserte finale de chaque zone ;
  • les unités déportées (remote units) : elles retransforment le signal optique en signal radio au plus près des antennes ;
  • les antennes : plafonnières, omnidirectionnelles ou directionnelles, placées selon l’étude radio préalable ;
  • la supervision : surveillance des performances en temps réel et pilotage de la maintenance.
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Dans un cahier des charges, deux critères départagent les offres. La compatibilité MIMO (Multiple Input Multiple Output, plusieurs flux radio émis en parallèle) conditionne les débits 4G et 5G. Un faible taux de PIM (Passive Intermodulation) limite les interférences générées dans les connecteurs et antennes traversés par plusieurs signaux.

Les sources de signal : off-air, BTS et small cells

La source fixe le plafond de performance, quel que soit le soin apporté à la distribution. Distinguez d’abord couverture et capacité. La couverture garantit qu’un signal exploitable atteint chaque pièce. La capacité désigne le volume de trafic et le nombre d’utilisateurs simultanés que le réseau absorbe : un stade plein manque de capacité, un siège social aux vitrages isolants manque de couverture.

Le signal off-air provient d’une antenne donneuse en toiture qui capte le réseau extérieur voisin. Option la moins chère, elle n’ajoute aucune capacité et suppose l’accord de chaque opérateur rediffusé. La BTS (Base Transceiver Station, station de base de l’opérateur), installée sur site ou hébergée dans un BTS Hôtel, injecte une capacité dédiée ; elle équipe la plupart des grands sites multi-opérateurs. La small cell, petite station de base à faible puissance, offre une capacité intermédiaire, souvent pour un seul opérateur. Dans les tours de bureaux que j’ai visitées, la demande initiale porte presque toujours sur la couverture, alors que les plaintes surviennent aux heures d’affluence.

DAS passif, actif, hybride ou numérique : quelle architecture choisir ?

La surface et la densité d’usagers orientent le choix. Le DAS passif achemine le signal radio par câble coaxial, coupleurs et répartiteurs, sans électronique répartie ; les pertes grimpent avec la longueur de câble. Le DAS actif convertit le signal en optique jusqu’aux unités déportées, ce qui facilite la supervision, l’ajout d’opérateurs et la montée vers la 5G. Le DAS hybride associe fibre entre étages et coaxial à l’étage, mais requiert des unités actives de forte puissance, une approche qui recule face à l’actif basse puissance. Le DAS numérique transporte un signal numérisé et réaffecte la capacité d’une zone à l’autre par logiciel.

ArchitectureTransportBâtiment typeLimite
PassiveCoaxialPetit bâtiment, peu d’antennesPertes sur longues distances
ActiveFibre ou EthernetSite dense, multi-opérateursCoût des unités déportées
HybrideFibre + coaxialSite étendu, étages répétitifsUnités de forte puissance
NumériqueFibre, signal numériséCampus, stades, garesDimensionnement plus complexe

Pourquoi les bâtiments modernes ont besoin d’un DAS

Plus un bâtiment isole bien, plus il bloque les ondes des antennes extérieures. Une étude menée par le CSTB pour l’ANFR, publiée en janvier 2021, a mesuré une atténuation du signal par les vitrages d’environ 30 dB en moyenne entre 700 et 3 500 MHz, soit une puissance divisée par 1 000. Sur les bandes hautes (2 600 MHz en 4G, 3 500 MHz en 5G), la perte atteint 33 dB, un facteur 2 000. Les vitrages à revêtement métallique des constructions soumises à la RE2020 ou candidates à une certification LEED aggravent le phénomène.

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Les besoins se concentrent sur cinq familles de lieux : transports (gares, métros, aéroports, tunnels), tertiaire (tours, sièges, centres de congrès), ERP (centres commerciaux, hôpitaux, hôtels, stades), sites industriels à structure métallique et ouvrages souterrains comme les parkings. Sur un immeuble de bureaux de Montrouge, TDF a mesuré des débits descendants moyens passés de 6,3 à 77,4 Mbit/s après activation du DAS.

DAS, répéteur, small cell ou Wi-Fi : quelle solution selon votre bâtiment ?

Le bon outil dépend de la surface, du nombre d’opérateurs à servir et du besoin de capacité. Le répéteur grand public, même marqué CE, reste illégal sans accord préalable de l’opérateur : les bandes de 700 MHz à 3,5 GHz sont assignées à titre exclusif aux opérateurs mobiles (article L. 42-1 du CPCE). Mal réglé et rarement entretenu, il brouille le réseau sur une large zone ; l’ANFR traite près de 150 cas de ce type par an.

La small cell couvre un plateau ou un bâtiment moyen pour un opérateur, avec une vraie capacité. La voix et les SMS sur Wi-Fi ne demandent aucun accord : un accès fixe haut débit, un téléphone et un forfait compatibles suffisent. Les visiteurs non connectés au réseau local restent toutefois sans service. Le DAS devient pertinent dès que plusieurs opérateurs, de grandes surfaces ou des pics d’affluence entrent en jeu. Pour une agence ou un commerce, les opérateurs proposent des offres de couverture indoor de petit format, à solliciter avant tout investissement.

Coût, délais et financement d’un projet DAS en France

Comptez 15 à 20 € par m² hors raccordement des opérateurs et 3 à 6 mois entre l’audit et la mise en service. Pour 10 000 m² de bureaux, l’enveloppe se situe donc entre 150 000 et 200 000 €. Trois variables expliquent l’écart : surface et complexité architecturale, nombre d’opérateurs intégrés, nombre de bandes diffusées. L’audit de couverture initial demande en général une journée de mesures sur site, davantage pour les très grandes surfaces.

Trois montages classiques coexistent : co-investissement des opérateurs en consortium, investissement d’un seul opérateur qui loue ensuite l’accès à ses concurrents, financement direct par le propriétaire. Les deux premiers butent sur la coordination entre concurrents, le dernier sur la réticence des bailleurs à investir hors de leur cœur de métier. Un opérateur neutre d’infrastructure, comme TDF, conçoit, déploie et exploite le système.

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DAS de sécurité : la couverture radio des services de secours

Dans les ERP, l’article MS 71 du règlement de sécurité incendie (arrêté du 25 juin 1980) impose une couverture radio suffisante pour les sapeurs-pompiers, le SAMU, la police et la gendarmerie, en particulier dans les sous-sols. L’arrêté du 28 juin 2024 a révisé cet article pour intégrer le Réseau Radio du Futur (RRF), système 4G évolutif vers la 5G piloté par l’ACMOSS. Le RRF prend la relève de l’INPT, réseau bas débit fondé sur la technologie TETRAPOL, distincte du standard européen TETRA.

La vérification passe par un organisme agréé (Apave, Dekra, Socotec, Bureau Veritas) qui relève des points de mesure à chaque niveau. Le seuil de conformité exige un signal d’au moins −95 dBm et une marge de qualité d’au moins 12 dB. Aux abords, chaque accès doit être couvert, avec un point de vérification tous les 100 m² sur les emplacements des véhicules de secours. Les références américaines (ERRCS, codes NFPA et IFC, réseau FirstNet) ne s’appliquent pas en France. Faites coupler le volet MS 71 à l’étude radio du DAS commercial : chemins de câbles et locaux techniques peuvent servir aux deux réseaux.

On en dit Quoi ?

Pour un bâtiment tertiaire de plusieurs milliers de mètres carrés, le DAS actif alimenté par les stations de base des opérateurs offre le meilleur équilibre entre couverture, capacité et évolutivité 5G. Le montage avec un opérateur neutre allège l’investissement du propriétaire. Sur un petit site, la voix sur Wi-Fi ou une offre indoor d’opérateur suffit souvent, et le répéteur acheté en ligne reste à écarter.

FAQ

Quelle est la différence entre un DAS et une small cell ?

Une small cell est une source de signal : une petite station de base, généralement mono-opérateur, qui produit couverture et capacité sur une zone limitée. Le DAS est un réseau de distribution qui répartit dans tout le bâtiment le signal d’une ou plusieurs sources, small cells comprises. Les deux se combinent fréquemment. Pour servir les quatre opérateurs sur une grande surface, le DAS reste la solution adaptée.

Combien coûte l’installation d’un DAS dans un immeuble de bureaux ?

Comptez 15 à 20 € par m² hors raccordement des opérateurs, soit 75 000 à 100 000 € pour 5 000 m². La fourchette varie selon la complexité architecturale, le nombre d’opérateurs et le nombre de bandes. Ajoutez le raccordement des opérateurs, négocié séparément, ainsi que la supervision et la maintenance sur la durée du contrat. Le délai global s’étend de 3 à 6 mois.

Un DAS est-il compatible avec la 5G ?

Oui, à condition que la source et les équipements supportent les bandes 5G, notamment 3,5 GHz. Un DAS actif intègre de nouvelles fréquences par ajout ou remplacement de modules. Vérifiez la plage de fréquences des antennes, la compatibilité MIMO et le taux de PIM. Un DAS passif ancien, conçu pour la 4G, couvre souvent mal les bandes hautes.

Qui finance un DAS : le propriétaire, le locataire ou les opérateurs ?

Trois schémas existent : le propriétaire finance seul et valorise son actif, un opérateur investit puis loue l’accès aux autres, ou un opérateur neutre porte l’infrastructure et facture un droit d’usage aux quatre opérateurs nationaux. Un locataire peut aussi équiper ses propres surfaces avec l’accord du bailleur. Commencez par commander un audit de couverture pour chiffrer le montage adapté à votre site.

Elisa

Journaliste spécialisée dans les nouvelles technologies, passionnée de gadgets et d’innovations. À 39 ans, je décrypte chaque jour l’impact du numérique sur notre quotidien et partage mes découvertes auprès d’un large public averti ou curieux.

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